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Les Boutes en train
Création radiophonique, 24 min




Les boutes en train explore les transformations urbanistiques de Saint-Ouen à travers les voix plurielles de ses habitants : Moussa, Dina, Éric Patricia. Cette pièce sonore capture les récits des résident·es face à la gentrification et interroge l’impact des changements urbains sur le paysage sonore et sur la démocratie locale. Ce projet est un moyen de récupérer un espace de paroles et de discussions soustraites par l’État, par la Mairie parfois, par les promoteurs souvent. La population n’est que rarement ou anecdotiquement consultée sur les projets immobiliers : Le Village des Rosiers, remplacement de l’usine PSA- Citroën par le Grand Hôpital, les deux tours des Boutes en Train vidées de leur population de manière précipitée.



Le projet est une exploration des avis sur le rapport à l’habitat en zone urbaine ou périurbaine. Il s'agit de faire émerger ces histoires qui révèlent le lien affectif que l'on entretient avec un territoire. À travers cette enquête, je pose ces questions : comment nous imaginons-nous dans ces villes en constante transformation, comme Saint-Ouen, qui évoluent rapidement, tant sur le plan géographique qu’économique ? Comment la transformation d’un territoire impacte-t-elle la façon dont vivent les gens ? Quel contrôle possède la population sur les changements urbanistiques des quartiers ? Comment le sonore peut-il véhiculer les traces et les particularités d’un quartier et de ses habitant·es ? Comment par le son peut-on réactiver les souvenirs des lieux ?  Comment former une choralité démocratique de la ville par l'enregistrement 













Merci à Moussa, Dina, Éric et Patricia.






















Habités par les Cévennes

Création radiophonique de June Loper et Toco Vervisch 
Produit par Silence Podcast, 2021

Le parc national des Cévennes s’est établi en 1970 sur l’exemple des parcs nationaux américains. L’idée est de préserver la faune et la flore avec une vision héritée du siècle des lumières qui présente la nature comme un éden vierge de toute présence humaine, opposant le sauvage au civilisé. 

Pour le philosophe Jean-Baptiste Vidalou, cette gestion du territoire place le visiteur comme un consommateur d’espace vert et les habitants comme des jardiniers de paysage. L’humain se situe alors en dehors et au dessus de son environnement. Cela pourrait aboutir à figer le territoire et la vie qui l’accompagne dans un imaginaire touristique passé, au détriment d’expérimentations collectives tournées vers le futur. 

Intervenants : Jacques Verseils, éleveur de brebis et fondateur de l’association Abraham Mazel, maison vivante des résistances en Cévennes et Jean-Baptiste Vidalou, philosophe et bâtisseur en pierre sèche.
Autrice : June Loper
Réalisation : Toco Vervisch et June Loper
Prise de son et mix : Toco Vervisch
Enregistrement : Août 2021
Production : Silence Podcast












Une conversation est un miracle

Création radiophonique, 28 min
première version sélectionnée et diffusée lors du festival Longueur d’Ondes en 2018


Je relate ici l’histoire d’une rencontre 30 ans plus tard d’une mère et de sa grand-mère qu’elle n’a jamais connue, en partant de conversations téléphoniques retranscrites. En prélevant ces voix qui correspondent à plusieurs couches générationnelles, je suis parvenu à un double récit où l’auditeur·ice est basculé·e d’un temps à un autre, celui de la seconde guerre mondiale la Grande histoire, de l’exil de cette femme -qui a fuit le communisme puis le nazisme-, et du temps présent, ce qui reste, ce qui se noue actuellement entre cette grand mère et sa petite fille, pour rattraper le temps perdu en quelque sorte. J’y joue mon propre rôle, comme un narrateur qui cherche sa place dans le récit, amenant un autre étage temporel. 

Les récits deviennent anachroniques : nous remontons le temps passé, nous nous attardons sur le temps présent, et l’espace se dilue au fil de l’écoute et s’effiloche de la même manière que les souvenirs disparaissent. Le partage de recettes de cuisine prend le dessus sur l’histoire passé et son maillage mémoriel complexe.



Sitarane

Création radiophonique, 9 min
Diffusée au Printemps des Paroles 2016

En 1911, au cimetière de Saint Pierre de la Réunion, on enterre Sitarane, le voleur et l’assassin le plus connu de l’île. On le surnomme « Le vampire de la Réunion ».
Aujourd’hui encore sa tombe est l’objet d’un véritable culte. On dit que ceux qui envisagent un crime ou un hold-up vont y prier la nuit pour que son esprit démoniaque favorise leur entreprise. Mais le jour un étrange personnage prétend être « le gardien de Sitarane ». Il nettoie la tombe du gourou maléfique, guidé par une force mystérieuse qui le pousse à ordonner les offrandes et à remplacer les fleurs quotidiennement.